
Aimer !
-
Aimer !
(Re)Sentir la douceur, la tendresse et la
volupté de la lumière, venue de l’intérieur. Qui unit deux lumières ?
-
Bien
sûr, la foi peut être inébranlable, définitive. D’où vient la foi ?
Trouver une commune lumière, la percevoir
dans deux paires d’yeux, dans deux corps, deux esprits. Les êtres aimés
s’uniront-ils ?
-
Aimer !
Percevoir la matière, matière immatérielle,
et pourtant ! Quel est donc cet élan qui unit subitement deux corps et
deux esprits ? Un corps uni de matière, porté par deux intelligences
partagées. L’un des corps pourrait être fatigué.
-
L’ardeur,
Aimer, énergise avec une énergie plus forte que toutes les énergies, deux
corps, deux esprits.
Ils s’appellent désormais, se parlent, se répondent,
de partout.
-
Aimer !
Ma foi se réinterroge. Serait-ce donc possible que deux étoiles puissent ainsi
ensemble scintiller, s’attirer ?
Fini, le manque fondamental. Place au vœu de
deux êtres de s’assembler, pour avec l’une, avec l’un, bâtir une matière unie.
-
Aimer !
De quelle matière nous parlez-vous ? Quel est donc ce signe que vous nous
adressez ?
« Les plus hauts physiciens et bien
d’autres scientifiques travaillent avec l’essentiel : la matière physique.
Oui, dans une main (re)fermée, la matière diffère d’une main grande
ouverte ».
-
Aimer !
Que tentez-vous de nous expliquer ? Y-a-t-il le vide, le plein, avant le
big-bang ?
-
La
seule certitude, c’est : nous n’en savons rien, ou presque rien.
Entérinée, la question reste définitive.
-
Aimer !
Quel sens deux esprits et deux corps recherchent-ils ensemble ?
-
Etonnante
question, de votre part, mon cher ! Nos sens sont tous pluriels. La
plupart des êtres projettent leur étoile dans l’univers terrestre et des
milliards d’étoiles, de dimensions variées, diverses, se croisent, se
regardent, anonymes ou ami(e)s, ou parfois ennemi(e)s.
-
Aimer !
Reparlez-moi de cette scintillance qui électrise les yeux lorsque le tout
(re)devient possible, l’esprit (re)vient alors en force et (re)prend le dessus.
-
Des
milliards de terriens se sont déjà lancés. Ecrire ce qui nous unit. Des poètes,
des écrivains.
-
Quel
lien avec la foi ?
-
Cherchez,
vous trouverez.
« C’est dans le sens des mots que tu
sauras assembler, dans les sonorités que toutes tu choisiras ».
-
L’approche
d’une musique ?
-
Essayez-vous,
vous aussi, et permettez-moi, taisez-vous !
-
Aimer !
Loin des descriptions, quels sens ? Quels horizons ? D’où vient
l’attirance des corps et des esprits avec intelligence ?
La matière doit à coup sûr assembler tous les
singuliers. Elle n’existe que plurielle. Jamais l’une ou l’un ne s’impose.
Embarquez les singuliers !
-
Imaginez-vous
deux étoiles qui s’approcheraient sans s’attirer vraiment ? Les énergies
nucléaires de l’une et de l’autre en perdraient la tête, les réactions
s’enchaîneraient et se déclareraient en chaîne.
-
Aimer !
Quel est donc le sens ? Y-a-t-il d’un côté le matériel, le temporel, de
l’autre le spirituel ? Pourquoi Aimer, l’étoile, l’attirance, le manque de
l’être aimé(e) peuvent déployer leur forme ?
-
En
avant et en avant toute !
L’explication est bien trop simple, simple
d’esprit. Au-delà des additions, des multiplications, quelles couleurs, quelles
odeurs, quelles saveurs peuvent approcher de cette interrogation : le
désir d’être à deux, de vivre et de s’accompagner, de faire nôtre, notre vie
sur la terre ?
-
Aimer !
Je m’interroge, (je) m’invente parfois entre moi et moi des… comment vous le
dire ? Un sentiment d’être bâti pour « ça ».
-
Quoi,
« ça » ?
-
L’expression
« être programmé(e) » me fait froid dans le dos. Je divague ?
-
…
-
Aimer !
Fuyez-vous notre conversation, la question ?
-
Tout
est à l’intérieur de Nous. Seul sans le Nous, aucun extérieur n’est possible.
La matière doit se libérer du corps, s’expanser dans l’espace, dans le temps
terrestre. Cherchez, je vous ai induit quelques pistes de réflexions, vous
trouverez.
-
Aimer !
-
Chut,
je vous écoute désormais de l’intérieur. A vous !
*
Serait-ce le bruit d’un ruisseau que
j’entends en prélude ? A l’entendre, c’est déjà presque une rivière, de
montagne. L’eau est fraîche. Une douce pente de prairie se découvre à l’abord
de la rivière, coquine. La rivière n’est point profonde et les amoureux peuvent
la traverser sans danger, se rejoindre au milieu, voir parait-il apparaître les
yeux fermés un ciel rempli d’étoiles. Un ciel d’étoiles digne d’un soir d’été,
en somme !
Peu importe si les amoureux traversent chacun
d’une rive, ou ensemble d’une même rive, ils rejoignent la pierre, au milieu de
la rivière. Sur la pierre, deux êtres tiennent debout. Pourquoi donc cet
endroit-là ? Une légende parle d’une œuvre divine. Ici, bien des amoureux
ressentent une lumière intérieure, soit disant.
Les amoureux s’embrassent, longuement. Ils se
concentrent surtout, infiniment, jusqu’à s’imaginer sous une voie lactée, une
nuit d’été, en cet endroit-là, là où la rivière s’écoule le long de la prairie,
en montagne.
S’agirait-il ici d’assembler les lumières,
les étincelles rassemblées dans la vie des amoureux qui s’unissent, se
réunissent, à nouveau ?
Qui les aperçoit, les yeux ainsi fermés, en
plein jour, enlacés sur la pierre posée au milieu de la rivière ?
-
Ce
pourrait être ailleurs, là n’est pas la question.
-
Aimer !
Je croyais que…
-
Tous
les sens se rassemblent dans ces moments-là. La matière s’unit, les esprits
communient, communiquent.
Depuis la nuit des temps,
l’attirance-scintillance déjà bâtie depuis l’enfance se compose de deux corps,
de deux esprits, sans l’autre, pas d’unisson.
*
Seraient-ce les regards des amis, des mères,
pères et sœurs ? Les repères ne trompent et ne se trompent pas, ou
difficilement.
-
Toi,
tu es amoureux !
-
Amoureux ?
-
Je
le vois dans tes yeux ! Pardi !
-
Difficile
à tromper. Bla-bla.
Ne
s’agirait-il pas d’associer ou de réassocier toutes les énergies qui oeuvrent
dans l’espace ?
*
Un bar-restaurant. Deux êtres dinent
ensemble. Que d’attentions flottent dans l’air. Les serviettes sont en tissus,
bien épais, sentent bon. Le veau est sous la mère, parfumé au fenouil. Les
verres sont en ballon, garantis pour accueillir le vin, du Haut Médoc et du
château Mercury, pour qu’il n’y ait pas de jaloux.
« La jalousie est le sentiment le plus
répandu dans le monde ». Merci ma mère de me le rappeler. Tes propos m’ont
bercé. Bercé ? Pas vraiment. Ma mère, tu m’as bien fait grandir.
Si vous saviez, dans le bar-restaurant, les
yeux des amoureux, à distance, se touchent presque tant leurs deux corps, leurs
esprits exultent. Toute la salle se retourne. Les amoureux s’embrassent avec
volupté, douceur, tendresse. Leurs yeux sont bien fermés. La salle en est
gênée.
-
Atchoum !
Un
serveur intervient.
-
Que
puis-je vous servir ?
La salle se remet à respirer. « Les
amoureux qui se bécotent, se bécotent ». Tout de même en public,
s’embrasser ainsi, quel manque de pudeur, de respect !
Les amoureux sont pudiques, pourtant. Cela ne
se fait plus.
-
Vous
dites plus ?
-
Bien
sûr ! Il y a encore quelques années…
Ce
n’est pas du bla-bla.
*
Ce pourrait être une gazelle, une composition
florale, un pull doux, une écharpe en cachemire, une bague revêtue d’une pierre
de la couleur choisie par l’être chéri, un café chaud, le matin, le soyeux et
le moelleux de serviettes de bain, une conversation sur un livre, un auteur
aimé. Bien des goûts se partagent.
Des
milliards de possibles peuvent nous éclairer, et après ?
*
Nous sommes un soir d’hiver. Mozart est à
l’opéra. Les mains des amoureux se donnent ce soir-là , ne se lâchent
plus. Leurs mains sont main dans la main. Vous imaginez la matière, chers
physiciens ? Les mains reliées par le toucher, celui, nous n’y pensons
jamais assez, relié à la matière composée des deux mains des amoureux, là, à
l’opéra, à l’écoute. La composition de Mozart est composée pour l’occasion,
jouée avec brio par l’orchestre du Patrimoine monde.
Parfois des choses simples composent
l’harmonie : une promesse partagée, une pomme bien craquante à croquer, vert-pomme,
deux verres d’eau glacée. L’eau est puisée du ruisseau, pardon, de la rivière,
quelques pages en arrière.
Seraient-ce surtout l’écoute, la
compréhension, l’assurance, le désir de connaître, d’être aimé(e), d’être
connu(e) de lui, d’elle ?
Que de voyages à tout âge, de partage, et de
dessous pas sages, au passage. Les amoureux en reviennent toujours au sens, à
l’interrogation première : d’où venons-nous ? Où allons-nous ?
Ne serions-nous que des messagers, des êtres intermédiaires, de passage ?
Sommes-nous trop ou pas assez sages ?
*
-
Aimer !
Que d’êtres vous soutenez !
-
Il
m’arrive de ne pas être le personnage principal.
-
J’hésite
pour les couleurs. Toutes sont bonnes à prendre au singulier.
Bleu de la Méditerranée ? Rouge
pourpre ? Jaune ocre ? Mauve lilas ? A quoi bon des pages de
couleurs, pour l’ambiance ?
Voici la ville, la ville-mégapole qui retient
elle aussi bien des amoureux. Nous ne sommes plus à la montagne. Les rivières
sont sous-terriennes, par ici.
Les amoureux sont attablés au cœur de la
ville-monde, au bar du monde. En fin de semaine, jusqu’à sept cent personnes
fréquentent l’établissement. Le lieu est bien particulier.
Et des amoureux viennent ici au cœur du
monde, voir le monde, seuls au monde au milieu du monde. Belle image. Le bar du
monde est bleu, du rez-de-chaussée d’où l’on aperçoit le monde attablé sur les
mezzanines jusqu’au troisième étage. Tout le monde se voit, peut se mouvoir.
L’endroit est détendu. Des amoureux s’embrassent, sans appel et sans façon. Les nuances de bleu tapissent les murs, sur
toute la hauteur, jusqu’à la verrière qui couvre le troisième étage, un puits
de lumière éclaire le sol du rez-de-chaussée, au milieu. Les amoureux sont à
l’abri et peuvent s’embrasser à la vue de tous sans regards pour les épier, ou
s’offusquer. Et le goût, que transmet-il, quelle part de lumière
intérieure ? Quelle part de musique le goût compose-t-il lorsque les
étoiles dansent ?
*
-
Ma
foi !
-
Qui
est-elle votre foi ?
-
Un
sentiment, un désir, Aimer !
-
Et
après ?
-
Pas
de futur sans mémoire, je le sais bien, Aimer, nos gènes sont porteurs d’autres
générations, de fusions d’étoiles toutes avec leurs interrogations, leurs
contradictions.
-
A
l’éducation, le combat contre la solitude.
-
L’étoile
n’est pas suffisante, n’est-ce pas ?
-
Qu’est-ce
qu’une étoile ?
-
Une
lumière.
-
Mais
encore ?
-
Nous
ne sommes pas seuls.
-
Nous
y sommes.
-
Où
irons-nous, au-delà de notre univers connu, avec la force de l’énergie d’une
matière humaine composée de deux êtres ? D’où vient cette matière ?
-
De
la lumière, justement.
« Ça, c’est plus fort que soi ».
Mon intelligence, mon esprit s’arrêtent là.
Les corps se fatiguent. Que d’énergies pour
écouter, composer, associer, (re)penser, tenter de comprendre, d’avancer dans
la compréhension.
Des êtres amoureux électrisent l’espace,
d’autres moins, à dire vrai.
-
Poursuivez
votre quête, cherchez ! « L’amour donne de l’énergie pour
deux ». C’est plus qu’une expression.
*
Ce pourrait être une ville, la nuit. Les
reflets des lumières de la ville éclairent les pavés mouillés. La pluie s’est
arrêtée. L’air est frais.
Les amoureux en marchant se rapprochent
davantage. La matière fait le reste. Quelle place pour s’exprimer !
Les étreintes des amoureux réchauffent les
corps ou est-ce les corps qui réchauffent les étreintes ? Double sens. La
lumière ultime est bien dans la jouissance, physique, intellectuelle. Les corps
dansent, les esprits jouent. Tourbillon d’énergie créatrice ! Profusion.
Fusion. Intrusion. Suspension. Douces et tendres attentions. Nous unissons nos
sens.
-
Aimer !
Bien des amours naissent, vivent, s’effacent parfois.
-
Mon
cher, bien des étoiles ne se répondent pas. D’autres fusionnent, en
frissonnent.
-
Il
en est ainsi.
-
Transportez
la table du bar-restaurant avec les nappes et les serviettes en tissus, le
décor, les serveurs, au bord de la rivière, sur la prairie toute en nuances de
vert.
-
Bleu
du ciel. Vert nature.
-
Le
temporel, le spirituel.
Quel est donc cet élan extatique qui irrigue,
élève les amoureux, les transcende, les énergise ? L’esprit se joint au
corps, au cœur du corps et de l’esprit de l’autre. Communions !
*
-
Ce
pourrait être des faits, des gestes, par milliers : l’air marin au-dessus
des dunes, une échappée en Toscane.
-
Suggérez-vous Aimer, que nous pourrions correspondre à distance ?
-
Je
ne suggère pas, j’observe.
Le sable est déjà chaud lorsqu’arrivent les
amoureux. Midi est proche. La pente est douce en Méditerranée. Nous ne sommes
plus en ville. La température de l’eau est agréable, les corps s’y fluidifient,
une toute autre matière se compose.
Et que dire des sens qui captent les émotions
amoureuses en suspension ? Des processus biochimiques véhiculent des
émotions d’être en être, et des sentiments. Il y a belle lurette que la société
scientifique a entériné les sécrétions hormonales en tous genres. Des
obscurantismes résistent.
Quelques tables et chaises sont disposées
auprès de la cahute, en bord de mer. Le poisson grillé y est dégusté bien
épicé. Les hors-d’œuvre sont assaisonnés avec un zeste d’huile de noix.
-
Pourquoi
un zeste ?
-
Aimer !
C’est une façon de parler.
-
Pas
d’écrire, je plaisante.
Personne n’atteste la présence des amoureux
attablés auprès de la cahute au bord de la grande Bleue. Leurs baisers en cette
fin d’après-midi ne sont pas interrompus par les serveurs.
*
-
Aimer !
-
La
lumière passe par les yeux, par le goût, les odeurs, les saveurs, le toucher,
l’ouïe, et par bien d’autres sens et dans tous les sens.
Les yeux de l’autre ne voient, ne perçoivent
qu’un bout de la lumière qui passe par les yeux. La persistance rétinienne en
retient un grand bout, les neuf-dixième.
Que percevons-nous de ce que nous
n’apercevons pas ? Le tour se joue. Vous parlez d’un tour ! C’est un
véritable tourbillon, un bien-être irrésistible.
-
Aimer !
-
Vous
commencez à comprendre ?
*
« Aide toi et le ciel t’aidera ».
Le
ciel est à l’intérieur de soi. Le ciel recouvre la lumière, l’hypothèse est
plaisante.
Serait-ce
la lumière qui unit les corps, retient les esprits ?
-
Aimer !
Qu’en pensez-vous, vous ?
-
Je
pense que deux êtres peuvent communier, bien au-delà des cinq sens, que deux
êtres s’ils partagent des odeurs, en créent bien des nouvelles. Deux êtres
(ré)unis, vous imaginez ?
Mon
intelligence est bien limitée.
*
-
Aimer !
Que lui dire de nos conversations ?
-
Offre-les
lui. La foi prend bien des formes, c’est la force d’aimer.
-
Je
le sais, Aimer, vous me le dîtes souvent.
-
D’où
vient la foi, le monde se crée, depuis ses origines.
-
Ma
foi, nous pouvons le supposer.
Au (re)commencement, la matière naissante
doit faire connaissance avec deux êtres, avec leurs natures, leurs terre-ferme,
leurs cultures.
-
Que
vous dire de plus ?
-
La
foi est dans la matière originelle, je le crois volontiers, même si je n’en
sais rien, pour le dire vraiment.
Les amoureux figurent sur la pierre,
partagent leur matière. La matière est vivante, en changement constant. Les
amoureux existent par une large part de foi.
-
Aimer !
Vous êtes bien au centre.
-
J’y
suis pour y rester !
La lumière n’a plus besoin des yeux pour
s’échanger entre les amoureux, produire des étincelles de joie, de frissons
garantis. Tendre et douce volupté de deux lumières qui scintillent dans notre
être.
Dès l’origine, l’alliance de la nature et de
la culture est le sens de notre vie sur la terre.
-
Aimer !
Vous m’entendez ?
-
La
foi, mon cher, du latin fides, est la
confiance en soi, en l’autre, que l’un et l’autre se confient.
Ici, c’est l’absolu qui pose, impose une
totale confiance. D’où la lumière puiserait l’énergie pour se rassembler,
s’assembler, le sens du « d’où je viens », l’œuvre à bâtir du
« où je vais », d’où je suis, les amoureux se disent :
« nous sommes ».
Profitons, arpentons, marchons, montons,
surmontons, bien arrimés, Aimer, vous nous éclairez !
*
-
Aimer !
Notre conversation dialogue en moi, se poursuit.
-
Et
elle se poursuivra. Vos questions appelleront d’autres questions.
*
Est-ce la part des anges ?
Mon
ange, ma femme, mon homme, l’amour fidèle est vecteur d’éternel.
-
Aimer !
Qui a-t-il au bout de cette quête-là ?
-
L’essence.
Les serveurs du bar-restaurant transportent
la table, nappée de tissus, la prairie et la rivière dans le bar du monde, au
rez-de-chaussée.
Vous parlez d’être seuls au monde !
Les regards se détournent, tout de
même !
Les amoureux se trempent les pieds dans l’eau.
L’air de la montagne est perceptible. Le bruit de l’eau aussi vrai que nature.
La Méditerranée n’a pas pu rentrer, trop de matière à compacter. N’exagérons
pas !
L’atmosphère (re)devient romantique. Un
soleil de printemps descend de la verrière.
Notre imagination fait le reste. Les amoureux se déchaussent, traversent
la rivière, s’enlacent, s’embrassent, leur lumière nous éblouit.
-
Aimer !
Si vous voyiez la volupté !
-
Je
la vois.
-
Et
tout retourne à un grain de poussière ?
-
Taisez-vous !
Nous sommes entre-nous.
L’espérance
est d’enfance, sans défense.
L’assurance,
l’essence, l’espérance, se tiennent droites, debout.
*
-
Aimer !
Le sable est chaud. La rivière se jette dans les bras d’un fleuve et lui, dans
l’un des bras de la Méditerranée.
Les serveurs (re)déplacent les tables, les
serviettes, la rivière, la montagne, la prairie, le bar du monde et les posent
au bord de la grande Bleue. Ça sent la fin. Toute la matière s’est rassemblée.
La lumière joue avec le reflet des vagues, à l’horizon. Le dîner en amoureux se
passe sur le sable chaud, les amoureux sont tous deux face la mer, remplis
d’énergie.
Les amoureux s’embrassent longuement, en
arrivant, bien vivants.
-
Notre
amour !
-
Notre
foi !
L’éternité
est l’être, Aimer, le temps de notre vie sur la terre.
Ailleurs, le 23
novembre 2008,
Jean-Luc
Benguigui