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Toulouse / petit texte

 

 

 

 

C’est à Toulouse que j’ai choisi de revenir. Ainsi soit-il. Je dévoile le mystère et le voile de ma séparation de la ville rose, il y a déjà longtemps. Un voile immense, démesuré, aux dimensions de la place du Capitole qui seule ne suffirait pas à recouvrir mes souvenirs, vues les dimensions du voile que j’ai hissé au cours des quelques années vécues ici.

Comme dirait l’autre, j’aime la brique rose, pas exactement rose, entre la couleur rose et la couleur de la terre cuite, entre l’évidence d’un rose et la couleur des briques ordinaires. Une couleur unique, mêlée à de la pierre d’un blond très clair, presque blanc. Des briquettes rectangulaires toutes allongées qui ensemble recouvrent les façades des monuments, des églises, des maisons. On se croirait à Sienne, pour la couleur. La comparaison s’arrête là. Dans tous les cas dans une ville du sud, où chacune et chacun se permet dès le soir venu d’élever un peu la voix, aux terrasses des cafés, dans la rue, dans le centre, sans pour cela que le plus haut magistrat de la ville ne reçoive comme dans d’autres villes plus au nord, à l’ouest, mille « pétionnaires » qui se plaignent du bruit dans la ville centre, provoqué par des toulousains mêlés à des touristes hilares pour ne pas dire euphoriques, jugés par certains comme tels. Ici l’accent entraîne la langue, vivante, et ce n’est pas de l’impudeur, plutôt la joie de vivre, de prendre le temps de papoter en sortant du travail ou en ressortant le soir, juste pour faire un tour, dans Toulouse.

Je quitte la place du Capitole. En traversant, j’observe sur le fronton du Capitulum, aujourd’hui l’Hôtel de ville et le théâtre de l’orchestre national, l’Opéra, un drapeau rouge orné de la croix occitane. Je me méfie des croix, et des régionalismes, je suis un patriote. Au centre, le drapeau français, et à droite les étoiles de l’Europe rassurent les passants. J’aurais mis la France à gauche, puis l’Europe. Je me serais passé du drapeau occitan, dans la logique du sens de la vision, de l’histoire.

Lorsqu’on me demande d’où je suis, je réponds de Toulouse, je rajoute « pardi ! », pour les amis d’amis. Plus près de la Méditerranée que de l’Atlantique, avec le canal du midi qui relie les deux mers au centre de la ville, ou presque.

Ainsi soit-il !

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2004

 

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